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Création

Voici pourquoi le génie solitaire n'existe pas

Pourquoi certaines périodes de l’Histoire ont-elles donné naissance à plusieurs créateurs d’exception au même endroit, au même moment ? Je vous propose de vous plonger dans les coulisses des scenius importantes de l’histoire pour en extraire des principes communs.

13 min. de lecture
Valentin Decker
May 26, 2021
13 min. de lecture
Création

Quand un banal pub donne naissance à la plus grande génération d’auteurs fantastiques anglais...

Au début des années 1930, un professeur de langue germanique et aspirant écrivain du nom de J.R.R. Tolkien propose à quelques amis de se réunir régulièrement. Tolkien travaille sur un roman et a besoin d’amis à qui partager ses avancées.

Le lieu de leur rencontre est un bar du nom de “Patrons of The Eagle and Child”, situé dans la petite ville d’Oxford.

Leur rendez-vous devient hebdomadaire et leur groupe prend le nom de “The Inklings”. Au fil du temps, The Inklings se transforme en petit collectif d’écrivains qui se partagent mutuellement leurs travaux. Chacun lit ses textes à voix haute et reçoit les critiques du groupe.

Parmi la dizaine de membres, en plus de J.R.R. Tolkien, on trouve C.S. Lewis, Charles Williams ou encore Owen Barfield.

Leurs noms ne vous disent peut-être rien, mais ils sont parmi les plus grands écrivains anglais. Tolkien publie “Le Hobbit” et “Le Seigneur des Anneaux”, Lewis publie “Le Monde de Narnia” et Williams publie “The Place of the Lion” (si vous souhaitez aller plus loin, voici le détail des livres publiés par The Inklings).

Certaines des plus grandes œuvres de la littérature fantastique anglaise et mondiale ont donc été écrites en même temps, dans le même bar, par des auteurs qui étaient amis.

Patrons of The Eagle and Child, à Oxford


Cette anecdote est d’autant plus fascinante que l’Histoire nous montre que cette concentration géographique de talents n’est pas le fruit du hasard. Nous observons des phénomènes similaires à d’autres périodes et d’autres endroits : les penseurs à Athènes au Vème siècle avant J.C., la Renaissance à Florence au XVème siècle, la Silicon Valley au XXème siècle, etc.

Comment expliquer cela ? Pourquoi certaines périodes de l’Histoire ont-elles donné naissance à plusieurs génies au même endroit, au même moment ?

Le musicien Brian Eno a donné un nom à ce phénomène : scenius. Ce néologisme est une contraction entre les mots “scène” et “génie” (genius en anglais).

Je vous propose une série d’articles en deux parties :

  • D’abord, pour comprendre ce qu’est une scenius, plonger dans les scenius importantes et en extraire les principes fondamentaux (partie 1) ; 
  • Ensuite, pour vous expliquer comment j’applique ces principes à la construction de Sauce Writing (partie 2, à venir).


Michel-Ange, Miyazaki et Platon se retrouvent dans un bar

Quelques exemples de scenius importantes

Quand on s’intéresse aux personnes qui ont permis à l’espèce humaine de réaliser ses plus grands progrès, on se rend compte que le concept de scenius est présent à chaque fois.

Ceux que l’on catégorise comme étant des “génies” ne sont pas des savants solitaires, mais font partie d’une scène ou d’un mouvement qui les dépasse. Et ce, peu importe la discipline ; qu’il s’agisse, d’art, de littérature ou de science.

Derrière chaque grande avancée se cache une nuée de découvertes plus modestes qui permettent de faire avancer la cause dans son ensemble. Le travail de chaque créateur s’appuie sur celui de ses pairs ; pour le prolonger, le critiquer, le copier, le remettre en question ou l’approfondir.

Un phénomène étrange se produit alors : c’est comme si une ville ou une région entière conspirait afin de faire avancer une cause particulière.

Les idées fusent et créent une émulation qui pousse chacun à se dépasser. Ces scenius créent un cadre dans lequel la création et l’expérimentation sont la norme. Les barrières mentales qui peuvent se présenter sous la forme du doute, de la peur du regard ou de la peur de la marginalisation n’existent pas. Les créateurs peuvent s’adonner librement à leurs œuvres. Et atteindre leur potentiel maximal.

Cela permet alors de créer des scenius qui laissent une trace durable dans l’Histoire de leur discipline. Voici quelques exemples célèbres.

  • Les penseurs grecs

Lieu : Athènes, Grèce.

Date : Ve siècle avant J-C.

Principales contributions : la philosophie moderne, la démocratie, les mathématiques, la géométrie ou encore la médecine.

scenius penseurs grecs


  • La Renaissance florentine

Lieu : Florence, Italie.

Date : XVème siècle.

Principales contributions : la sculpture, la peinture, l’humanisme, l’architecture ou encore la politique.

scenius renaissance florence


  • Le Junto Club

Lieu : Philadelphie, (futurs) États-Unis.

Date : Le XVIIIème siècle.

Principales contributions : la démocratie américaine, la société américaine de philosophie, la librairie nationale de Philadelphie ou encore les pompiers modernes.

Junto Club Philadelphie


  • La scène japonaise d’animation

Lieu : Le Japon

Date : deuxième moitié du XXème siècle.

Principales contributions : d’innombrables références culturelles populaires pour les jeunes générations comme les films de Miyazaki, les mangas (Naturo, One Piece, etc.), Pokémon, Yu-Gi-Oh, Tamagochi, etc.


scenius animation japon



Je pourrais encore citer la Silicon Valley de la fin du XXème siècle, lieu iconique du développement de l’informatique et de l’internet libre, le Paris des années 1920 dans lequel d’immenses artistes se retrouvaient (Hemingway, Fitzgerald, Coco Chanel, Chagall, Modigliani) ou l’Enlightment Ecossais du XVIIIème siècle à Edimburgh, qui a donné naissance au libéralisme économique moderne.

Ces scenius sont impressionnantes, s’ancrent sur plusieurs décennies et produisent des avancées considérables. Mais il existe également d’innombrables exemples de créateurs qui se regroupent à plus petite échelle, le temps d’un mois ou d’un week-end.

Les artistes du monde la musique se réunissent régulièrement pour collaborer (j’ai notamment écrit sur l’exemple de Kanye West et de son album “My Beautiful Dark Twisted Fantasy”). La Hype House rassemble les plus gros créateurs Tik Tok dans une villa de Los Angeles.

Je trouve ce concept passionnant car il permet de renverser l’image du génie solitaire qui travaille et crée en autarcie, dans sa cabane au fond des bois.

Au contraire, les scenius nous montrent que pour émerger, un génie doit se trouver dans un écosystème fertile et propice.


Utiliser la pression sociale à bon escient

On parle souvent de la pression négative que peut imposer un groupe sur une personne seule. Notre besoin de nous conformer peut nous pousser à faire des choix par défaut qui ne sont pas l’expression de notre envie profonde, mais de celle du groupe.

Les scenius nous montrent que l’on peut aussi voir le groupe comme une incroyable force de transformation et de développement de soi.

Le meilleur moyen de se transformer personnellement est de transformer son entourage et de s’entourer de gens qui aspirent aux mêmes choses.

Il existe une infinité de manières d’approcher sa vie ; rejoindre une mini-scenius permet de se fabriquer une nouvelle vision de la réalité. Comme le dit Tim Ferriss, “la réalité n’est qu’une illusion, bien que très tenace”.

Si les personnes qui composent mon entourage sont des freelances accomplis qui voyagent six mois dans l’année, je vais être convaincu que ce mode de vie est possible. Je vais être tenté de les imiter et de partir avec eux. Je vais voir le monde et les opportunités que je rencontre avec ce prisme. Je vais consommer du contenu en rapport avec le freelancing et le nomadisme. Ma réalité va progressivement se forger et se construire dans cette direction.

À l’inverse, si je ne connais personne qui travaille en voyageant, je ne vais même pas considérer cette option comme viable ou crédible. Je me dirais que cela n’existe pas. Que ce mode de vie est réservé à quelques privilégiés qui s’affichent sur Instagram.

Le groupe est le meilleur moyen de conspirer à sa propre réussite. S’il nous inspire, il va nous tirer vers le haut et nous pousser à produire la meilleure version de notre travail. Nous y trouvons des relais avec qui on peut discuter de nos ambitions et partager nos défis. Nous rencontrons des personnes dont le rôle est de nous aider à progresser.

Les artistes de la Renaissance à Florence étaient entourés de collectionneurs, de passionnés et de mécènes qui les encourageaient. Ils pouvaient se former et créer au contact d’artistes plus accomplis dans les ateliers de la ville. Ils pouvaient soumettre leurs créations aux yeux attentifs de critiques et observateurs. Chaque acteur de ce mouvement est un maillon d’une chaîne qui tire dans la bonne direction.



Dans un article fascinant, Paul Graham explique que les villes murmurent certaines valeurs à leurs habitants. New York murmure de gagner davantage d’argent. San Francisco murmure de créer une startup et d’entreprendre. Los Angeles murmure de devenir célèbre.

Il ne s’agit pas de consignes explicites, mais de messages subtils et implicites. De choses que l’on voit quand on marche dans la rue. De conversations que l’on peut entendre. Du type de commerces que l’on peut trouver. Et qui permettent de façonner une certaine vision de la réalité et de l’ambition.

Le groupe simplifie également l’accès à l’un des piliers essentiels de la création : l’imitation.

Peu importe la discipline, avant de produire un travail original, il faut d’abord imiter. Étudier. Copier.

Cette importance de l’imitation fait écho à mon expérience personnelle avec l’écriture. Après cinq années passées publier des articles sur Internet, j’ai compris que l’originalité est possible grâce à la maîtrise et la compréhension des règles du jeu.

Avant de parvenir à trouver mon style et mes thèmes d’expression, j’ai commencé par imiter les auteurs que je trouvais brillants. J’écrivais comme eux, en essayant de reproduire ce qui les rendait uniques.

Il est très difficile d’être original en arrivant de zéro dans un domaine. On devient capable d’innover (sur le fond ou la forme) une fois que l’on comprend en profondeur les principes de notre discipline. On en voit les contours, les aspérités et donc, les zones d’amélioration.

Les nouvelles idées que l’on pense être les meilleures n’ont, en réalité, rien de nouveau. Très souvent, ce sont des remixs et mélanges d’idées existantes, présentées sous un angle inédit.

L’existence d’une scenius facilite ce travail d’imitation. Les inspirations sont juste à côté de nous, à portée de mains ou de regards discrets.

Qui peut-on bien imiter quand on ne possède ni exemple ni inspiration autour de nous (et qu’Internet n’existe pas encore) ? C’est une mission quasi-impossible.

L’histoire de Guy Ribes, le plus grand faussaire d’art français, est d’ailleurs très éclairante. Ribes a passé la majeure partie de sa vie à peindre des tableaux “à la manière de”, en imitant le style des artistes et en peignant les tableaux comme s’ils étaient de leur main (Picasso, Fragonard, Chagall, Renoir ou Dali).

Son apprentissage en tant qu’artiste peintre s’est déroulé dans une mini-scenius qui a lui a apporté les conseils, les inspirations et les critiques dont il avait besoin.

Il passe sa jeunesse dans les ateliers d’art les plus prestigieux de Lyon. Il observe et s’entraîne sous la tutelle d’artistes confirmés. Il subit une formation rigoureuse pour réaliser des dessins de soierie qui demandent “une très grande finesse d’exécution, une maîtrise parfaite des coloris, une très stricte discipline de travail et un respect absolu du matériel”.

“Interdit de déchirer quoi que ce soit. Tout ce qui était esquissé devait servir à nous juger”, déclare Guy Ribes.

Le jeune Ribes est accompagné par les meilleurs artistes, qui le poussent à se dépasser et l'aident à progresser. Cette formation lui donne alors les compétences nécessaires pour peindre des tableaux d’exception.

Dans la dernière partie de cet article, je vous propose d’essayer de comprendre les points communs qui relient toutes les scenius entre elles.

Quels sont les ingrédients nécessaires à l’obtention d’un cocktail parfait ?


Une bonne dose d’appréciation mutuelle et une pincée de compétition

Kevin Kelly est le premier à théoriser le concept de scenius et lui donner un nom, dans un article publié en 2008 (c’est également lui qui a parlé des 1 000 fans pour la première fois).

Kelly s’est intéressé aux principaux exemples historiques de scenius pour essayer d’en isoler des facteurs communs. Il met en avant quatre critères majeurs.

Critère n°1 : Une appréciation mutuelle au sein de la scenius

La bonne entente et l’amitié entre les créateurs permettent de créer un cadre où chacun se sent libre de créer et d’expérimenter.

Aucun créateur ne risque d’être marginalisé où d’être mal vu à cause de ses créations. C’est tout le contraire : l’originalité est encouragée. L’ambition est entretenue. La variété des points de vue et des expériences est une force.

Critère n°2 : Des partages rapides de techniques et d’outils

Les découvertes de chacun ne sont pas cachées ou tenues secrètes. Elles sont partagées à la vue de tous, afin d’enrichir la connaissance collective.

On s’échange outils, stratégies et bonnes pratiques pour progresser. Les bonnes idées fusent et sont rapidement adoptées par l’ensemble des créateurs du groupe.

Chaque nouvelle découverte vient alors augmenter de manière exponentielle l’intelligence du groupe et le niveau individuel de chacun. Tels des nains juchés sur les épaules de géants.

Critère n°3 : Une compétition saine entre les membres de la scenius

Les créateurs nourrissent un certain sens de compétition les uns envers les autres. Cela les pousse sans cesse à aller plus loin et à repousser les frontières de leur discipline.

Dans son dossier sur The Inklings pour la Bibliothèqe nationale de France, Anne Besson explique que “la relation d’influence puis de rivalité amicale entre Tolkien et Lewis s’est tissée dans ce contexte de l’Oxford de l’entre-deux-guerres, et est au fondement de la "renaissance" de la fantasy".

La compétition saine permet d’accélérer l’innovation. Le succès d’un créateur est célébré par l’ensemble du groupe et nourrit l’ambition de chacun.

Une boule de neige d’effets composés se met alors en place : chaque succès entraîne de nouveaux succès, qui alimentent à leur tour une nouvelle série de succès, etc.

Critère n°4 : Une tolérance locale pour la nouveauté

Kevin Kelly identifie un quatrième et dernier point commun à toutes les scenius. Pour lui, la liberté dont ont besoin les créateurs est permise par un environnement propice et permissif.

Aucune force extérieure - comme l’État, les lois ou tout autre agent conservateur - ne cherche à contrôler la scenius qui est en train de se créer. Une bulle dans laquelle la transgression est possible et où les créateurs sont protégés se met en place.

Pack McCormick s’est emparé de ce travail réalisé par Kevin Kelly afin de le prolonger et le compléter. Dans Conjuring Scenius, un article colossal, il identifie deux nouveaux critères communs que je trouve passionnants.

Critère n°5 : Les scenius émergent souvent après des crises majeures

Pour McCormick, les scenius célèbres prennent leurs racines dans des crises ou une période trouble.

Voici quelques exemples :

  • Les historiens s’accordent pour dater le début de la Renaissance en 1350, à Florence. Deux ans plus tôt, en 1348, Florence a été touchée par une très violente épidémie de peste.
  • Les auteurs de The Inklings se réunissaient dans un contexte d’entre deux guerres. Humphrey Carpenter explique dans la biographie de Tolkien que celui-ci a été profondément marqué par la Première Guerre Mondiale, s’étant lui-même battu dans les tranchées de la Somme.
  • La Silicon Valley émerge post-Seconde Guerre Mondiale et dans un contexte de Guerre Froide.
  • Les penseurs grecs naissent après les “Dark Ages” et la fin de la civilisation Mycéenne.

Je pense également au Japon en ruine après la Seconde Guerre Mondiale qui a permis l’émergence d’une incroyable scène culturelle.

Dans “Le Monde de Miyazaki”, Susan Napier explique que l’imaginaire de Miyazaki est marqué par la guerre et les avions militaires qu’il voyait passer au-dessus de sa tête quand il était enfant. “Le traumatisme est pour l’artiste le catalyseur l’obligeant à développer son art afin de transformer et transcender la douleur”. Les mondes imaginaires de Miyazaki lui permettent de s’échapper de la réalité et de créer un espace dans lequel il est le héros.

Dans le portrait de Miyazaki que dresse Margaret Talbot pour le New-Yorker en 2005, elle écrit : “il était presque inévitable que le plus grand réalisateur de films d’animation au monde soit japonais”.

Le chaos engendré par les crises porte les racines d’une renaissance et de scenius qui permettent de nouvelles avancées fantastiques dans tel ou tel domaine.

Ce cinquième critère est particulièrement éclairant au moment où j’écris ces lignes. Nous ne sommes pas encore sortis de la crise du Covid-19 et tout porte à croire que ses conséquences, notamment économiques, ne se font pas encore sentir.

Quel sera le domaine qui bénéficiera d’un développement sans précédent ?

L’explosion de l’économie des créateurs et du nombre d’individus qui parviennent à vivre de leurs créations de manière indépendante ? L’univers des cryptomonnaies et de la finance décentralisée ?

Les paris sont lancés.

Avec une question subsidiaire : Où sera l’épicentre de cette renaissance ?

Cela tombe bien, c’est notre sixième critère (le deuxième identifié par McCormick).

Critère n°6 : Un lieu pour se rassembler

Dans la construction d’une scenius, insistons enfin sur l’importance d’un lieu commun dans lequel se rassembler.

Cela paraît évident, mais les critères évoqués plus haut ne fonctionnent que dans un contexte où les membres d’une scenius peuvent se voir pour discuter. Les créateurs ont besoin de se rassembler pour créer des liens, s’échanger leurs idées et nourrir cet esprit sain de compétition.

Il est d’ailleurs fascinant de voir que chaque scenius dispose d’un lieu de rencontre caractéristique et iconique. Les penseurs grecs se rassemblent dans l’Agora d’Athènes. Les auteurs de The Inklings se rencontrent dans les pubs d’Oxford. Les artistes de la Renaissance se perfectionnent dans les ateliers florentins. Les entrepreneurs bidouillent dans les garages et laboratoires d’innovation de la Silicon Valley.

Ces lieux neutres, et souvent publics, sont idéaux pour brasser les idées, mélanger les opinions et favoriser le débat.

Michael Andrews, un chercheur de l’université de Yale, a établi le lien entre l’innovation et les bars. Il explique que les tavernes sont des points de ralliement locaux dans lesquels les individus peuvent s’échanger des informations de manière informelle.

Il montre également que les innovations et les échanges d’idées ont ralenti pendant la période de la Prohibition aux États-Unis, dans les années 1920. Avec une statistique frappante : les états américains qui imposaient une prohibition stricte ont enregistré entre 8% et 18% de dépôts de brevets d’innovation en moins, par rapport à ceux qui étaient plus souples.

La possibilité de boire une pinte de bière dans un bar est un facteur d’innovation clef pour une ville ou une région.

Mais les lieux physiques ont-ils toujours autant d’importance, à l’époque où il est possible de nouer des liens d’amitié d’un bout à l’autre de la planète ?

Les artistes de la Renaissance se seraient-ils regroupés dans les ateliers de Florence s’ils avaient pu organiser des réunions sur Zoom, à distance ?

Quel rôle joue les lieux physiques dans la construction d’une scenius à l’ère d’Internet ?

Il est difficile d’apporter une réponse tranchée tant on manque de recul sur la question.

L’apparition de communautés d’intérêts en ligne sur tous les sujets imaginables, aussi obscures soient-ils, montre qu’Internet est un outil formidable pour rencontrer ses pairs.

Twitter m’a permis de rencontrer de nombreux passionnés d’écriture que j’aurais eu peu de chance de croiser autrement.

En revanche, l’Airbnbisation de nos villes et l’explosion du nombre de lieux de coliving à travers le monde expriment un besoin de se rencontrer en physique. Comme De Vinci et ses amis artistes cinq siècles plus tôt, les créateurs d’aujourd’hui se rassemblent dans des Airbnbs loués à la semaine ou au mois pour faire avancer leurs créations.

La possibilité de l’échange virtuel ne remplace pas la richesse et la profondeur d’une interaction dans la vie réelle.

Les scenius qui naissent au niveau virtuel ont ensuite besoin de solidifier au niveau physique.

Voici donc les six ingrédients nécessaires pour créer le cocktail parfait et permettre à des créateurs d’exception d’émerger.


Comment créer une mini-scenius autour de soi ?

Les scenius nous montrent que les plus grandes créations ne sont pas le fruit du talent de quelques génies isolés, mais de petites scènes intellectuelles qui ont conspiré pour leur éclosion.

Elles ont un pouvoir fascinant : elles peuvent inspirer un créateur déterminé et lui donner les outils pour donner vie à donner créations exceptionnelles. Pour vous le montrer, je me suis servi d’exemples qui ont marqué l’histoire.

Mais je suis convaincu que nous pouvons tous les imiter et trouver, à notre échelle, un groupe de créateurs qui partagent nos valeurs et notre ambition. Nous pouvons tous rejoindre ou créer une bulle dans laquelle règne une appréciation mutuelle, une compétition saine et une envie de se dépasser.

La qualité de notre travail en dépend.

Je clôture cet article avec une pensée amusante qui me vient à l’esprit :

Que serait la carrière de Léonard de Vinci s’il n’avait pas baigné dans un environnement aussi fertile ?


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