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pourquoi ralentir entrepreneuriat vivre
Article invité

Et si le fait de ralentir nous permettait d’avancer ?

Pour vivre heureux, vivons cachés… Et pour vivre mieux, vivons plus lentement !

9 min. de lecture
Karima Gomes
January 28, 2022
9 min. de lecture
Article invité

Cet article a été rédigé par Karima Gomes dans le cadre du Bootcamp d'écriture Sauce Writing.

Bonne lecture !

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« Et si je vous demandais à quand remonte la dernière fois que vous n’avez absolument rien fait pendant 10 minutes entières ? Vous ne parlez pas. Vous ne pensez pas. Vous n’envoyez pas de SMS. »

Cette question posée par Andy Puddicombe, expert en pleine conscience et créateur de l’application HEADSPACE, a été l’élément déclencheur de ma nouvelle vie.

Depuis quand ne m’étais-je pas autorisée à ralentir ou à rester immobile, tout en observant le monde qui m’entoure ? Est-ce vraiment la vie que je souhaite mener ? Celle que j’ai réellement choisie ?

Lors de l’écriture de son ouvrage, L’éloge de la lenteur, Carl Honoré rapporte être resté sans voix face à un panneau publicitaire promouvant des séances de yoga rapides.

Une aberration à ses yeux, sachant que cette discipline prône l’importance de vivre le moment présent. 

Mais le coup de grâce fut lorsqu’il découvrit une application pour lire l’histoire du soir à son enfant en une minute…

Nous vivons aujourd’hui dans une société addictive à la vitesse, où chaque minute doit être optimisée. Un monde « à la demande » où nous sommes sans cesse sollicités à toute heure et où nous courons après le temps. 

Cette suractivité, croisée à la perte de sens et à la perte de reconnaissance, peut être délétère pour notre santé, jusqu’à conduire au burn-out.

Plusieurs études récentes montrent que 12 % de la population active présenteraient un risque d’épuisement professionnel.

Ce scénario n’est heureusement pas une fatalité.

Il existe une tendance qui se développe de plus en plus sur la planète et qui nous apprend à adopter un autre mode de vie et à nous focaliser sur l’essentiel : la Slow Life.

À travers cette tendance, je vous propose de découvrir les bienfaits de la lenteur, et pourquoi pas, de vous y prêter à votre tour !


Pourquoi ralentir notre rythme de vie

« Si tu ne trouves pas le calme, ici et maintenant, tu le trouveras où et tu le trouveras quand ? »

Maître Dôgen, moine bouddhiste japonais (1200-1253)

Être toujours sous pression…

Trouver le calme… sommes-nous seulement conscients de cette quête ? 

J’ai longtemps fait partie de ces personnes qui souffrent d’infobésité, cette tendance à être dépendante de mon téléphone portable, des réseaux sociaux, des informations et des notifications en continu, de peur de ne plus être à la page.

Ignorant que la capacité d’assimilation de mon cerveau est limitée, je me noyais un peu plus chaque jour dans cette course effrénée que je nommais tout simplement la vie. 

Vivre dans une société où la norme est d’aller toujours plus vite et ne pas laisser de place à l’ennui. Être plus productif, accumuler plus de biens, tenter un maximum d’expériences, menant parfois jusqu’à l’épuisement. 

Telle était le schéma que je m’étais imposé et qui m’apparaissait, comme pour beaucoup de personnes, la seule voie possible à l’épanouissement et au bonheur.

Mais de quel bonheur s’agit-il ? Sommes-nous heureux de manière superficielle ou sommes-nous profondément heureux ?

Une étude d’Harvard démontre que nous passons 47 % de notre temps dans nos pensées. Arrêtons-nous un instant pour observer ses pensées. Souhaitons-nous apprendre plus de choses, ou préférions-nous juste nous vider un peu l’esprit ?

Et par la même occasion, ralentir notre rythme de vie.

… Jusqu'à l’épuisement.

En tant que mère de trois jeunes enfants, avec une activité à temps plein 

j’excluais bien évidemment, la possibilité de déléguer les tâches « car je suis capable de tout faire et que je n’ai besoin de personne pour réussir dans ma vie et dans mon rôle de superwoman 🦹‍♀️… ».

Ce qui m’a conduit, avec tout autant d’évidence, à passer par toutes ces étapes : surmenage, frustration, pression, trouble du sommeil, stress, anxiété pour finir en burn-out… où le corps refuse d’exécuter ce que le cerveau lui ordonne.

Ma vie ne ressemblait plus qu’à un tourbillon géant en perpétuel mouvement, fait d’accélérations et de distractions. Je ne transmettais plus que ma fatigue et mon mal-être à mon entourage.

Je me sentais tel le passager d’un train lancé à toute vitesse, vers une destination inconnue. 

Toujours plus vite, toujours plus loin ! 

Difficile d’apprécier les multiples paysages traversés dans ce contexte, n’est-ce pas ? Et encore plus d’observer ce qui m’entoure afin de partager des anecdotes ou des souvenirs à mes proches.

Cette « pause forcée » m’amena à m’interroger sur ma situation :

  • Comment en suis-je arrivé là ?
  • Est-il vraiment primordial d’être en suractivité pour réussir sa vie ?
  • Qu’ai-je envie de faire réellement ?
  • Comment rendre ma vie meilleure ?

Un début de réponse

Patrick Viveret, philosophe et économiste, rapporte « qu’il faut considérer le temps comme une structure. Nous n’avons pas la possibilité de tout vivre, mais ce que nous vivons, vivons-le intensément. »

Bien qu’il soit difficile de se détacher du rythme effréné imposé par notre société, il ne faut pas oublier que rapidité n’est pas synonyme de réussite.

La société actuelle laisse encore peu de place au calme, au temps pour soi, 

l’assimilant souvent à de l’oisiveté, de la perte de temps ou de l’égoïsme. 

Il se peut alors que nous éprouvions un sentiment de culpabilité en nous autorisant à nous écouter, à ralentir, à ne plus être multitâches et à nous concentrer sur une seule chose à la fois. 

Rester joignable à tout moment de la journée, répondre aux multiples sollicitations, 

offrir plus que ce que l’on nous demande… tout cela émane bien souvent d’une bonne intention.

Il suffit parfois d’apprendre à bien doser le curseur afin de ne pas se laisser déborder par la situation.


Comment adopter le style slow life

Le mouvement slow-life nait en 1986, en Italie, lorsque le journaliste gastronome Carlo Pétrini crée la slow food en réaction au fast-food. Il invite à utiliser des aliments frais, le moins transformé possible et à prendre le temps d’apprécier un repas à table.

Aujourd’hui, l’effervescence est telle que le mouvement se décline dans différents domaines de notre vie : le slow tourisme, le slow management, le slow school et même le slow sexe

La slow-life, compte de plus en plus adepte et prône une vie plus calme, plus tranquille où la lenteur est reine. Ne pas se sentir obligé de réaliser uniquement des tâches « productives » ou « indispensables ».

Et surtout, se recentrer sur soi et se libérer du temps sans culpabilité. 

Ralentir pour être en meilleure santé

Avez-vous déjà observé votre respiration ? 

Pour beaucoup, la respiration est inversée, c’est-à-dire qu’au lieu de respirer comme les bébés en gonflant le ventre à l’inspiration et en rentrant le ventre à l’expiration, c’est l’inverse qui se produit. Pire, certains se retrouvent constamment en apnée sans s’en rendre compte !

L’agitation qui règne sur notre vie à un impact sur notre corps et notre santé.

Notre organisme est maltraité par le stress et l’anxiété, menant à l’épuisement professionnel ou à une surcharge mentale, voire à la dépression.

Manger trop vite impacte notre système digestif. En leurrant notre cerveau sur le sentiment de satiété, cela nous conduire à consommer plus, ou au contraire à ne plus prendre le temps de s’alimenter correctement.

Se fixer des objectifs toujours plus contraignants agit sur notre sommeil, 

diminuant sa qualité et son pouvoir récupérateur et réparateur. 

Bref, vous l’aurez compris, se négliger peut avoir des conséquences néfastes au quotidien et nous entraîner dans une spirale négative.

Ralentir et vivre en accord avec nos rythmes biologiques, respecter nos besoins naturels et modérer toute cette agitation contribuent à retrouver un équilibre dans notre vie et à préserver notre capital santé.

Comment procéder concrètement ?

  • Vous pouvez commencer par apprendre à dire non aux multiples sollicitations, sans culpabiliser.
  • Prévoyez un moment de la semaine où vous ne faites rien, laisser les choses venir par elles-mêmes.
  • Soyez moins sévère avec vous et apprenez à relativiser. Nul n’est parfait et appréciez le travail déjà fourni.
  • Fuyez tant que possible les personnes toxiques qui vous transmettent leur mal-être, et par la même occasion vous minent le moral.

Les solutions sont multiples et en prenant le temps de vous écouter, vous trouverez celles qui vous correspondent !

Ralentir pour mieux s’apprécier

« Se connaître soi-même, c’est s’oublier. S’oublier, c’est s’ouvrir à toutes choses. »

Maître Dôgen, moine bouddhiste japonais (1200-1253) 

S’octroyer une pause et rester immobile un instant, seul, nous permet de nous observer, de renouer contact avec nous-mêmes.

Qu’est-ce qui nous anime réellement ?

Qu’est-ce qui apparait comme essentiel à nos yeux, et au contraire, qu’est-ce qui relève du superflu et nous encombre dans notre vie ?

Savourer son café le matin, apprécier un diner en famille sans écrans, écouter son enfant nous partager sa journée ou écrire quelques lignes… Ralentir ne signifie pas être lent, juste prendre le temps d’apprécier le moment présent.

Pico Lyer, auteur de récits de voyages, nous enseigne dans son ouvrage L’art de l’immobilité, que la meilleure façon d’examiner le diaporama de notre vie est de se pauser. 

Rester immobile suffisamment de temps pour trouver ce qui nous touche le plus, pour nous rappeler où se trouve le bonheur. Pour prendre conscience de nos valeurs.

S’accorder 10 minutes par jour de méditation, dans ce monde en perpétuel mouvement, suffit par exemple, à prendre de la distance sur les distractions quotidiennes. Cela permet de prendre du recul sur une situation, de visualiser clairement nos pensées, sans émettre de jugement. Mais aussi de s’accepter. Comprendre que nous ne pouvons pas changer les choses qui nous arrivent, seulement changer la manière dont nous les vivons.

Ralentir pour améliorer son efficacité

Bien qu’il soit difficile de se détacher du rythme effréné imposé par notre société, 

il ne faut pas oublier que rapidité n’est pas synonyme de réussite, et que cela peut avoir des conséquences sur notre créativité et notre efficacité. La vie n’est pas un sprint, mais un marathon.

Lors d’une séance de sophrologie, les exercices sont ponctués de pauses d’intégration. Il s’agit d’un moment d’arrêt, d’une pause qui permet au participant d’accueillir, de ressentir et d’intégrer toutes les sensations qu’il vit à travers la séance. C’est l’élément clé qui mène à un réel changement.

Il en est de même lors de la composition d’un morceau de musique. Ce sont les pauses et les respirations qui lui donnent sa beauté et sa structure.

Sortir de cet engrenage qui nous pousse à rentabiliser chaque minute de notre vie est primordial. Notre cerveau a besoin de temps pour faire face au flux d’informations quotidien. Il a besoin de temps pour les intégrer, pour mûrir un projet ou pour livrer une prestation de qualité.

Alors, pour permettre à nos neurones de bâtir de nouvelles connexions, nous permettant d’être plus inspirés, nous pouvons :

  • Simplement ne rien faire.
  • Se déconnecter des écrans, des réseaux sociaux et s’aérer l’esprit en s’offrant une promenade dans la nature.
  • Être attentif aux détails et aux sons qui nous entourent.
  • Méditer 10 minutes par jour.
  • Faire une sieste.

Rappelons-nous que l’inspiration se trouve tout autour de nous si nous prenons le temps d’observer ce qui nous entoure. S’ennuyer et ne rien faire est donc bénéfique, 

car cela nous rend plus créatifs et plus productifs !

Ralentir pour mieux interagir

Donner du sens au temps dont nous disposons est primordial. 

Aller toujours trop vite ne permet pas de rattraper sa vie.

Mais accorder le temps nécessaire à chaque chose en allégeant son planning nous permet de bénéficier de moments de qualité. Et par la même occasion, d’offrir plus d’attention à sa relation à l’autre et à son environnement.

Ralentir, c’est prendre le temps de réaliser une chose à la fois, d’écouter nos proches, de profiter de leur présence et de développer une relation plus sincère et moins superficielle.

Prendre conscience et changer notre rapport au temps, notre rapport à nous-même et aux autres, ouvre de nouvelles perspectives. Nous considérons l’autre non pas comme un concurrent dans cette course effrénée, mais comme une source de partage de connaissances que ce soit des récits de voyages, des lectures, des expériences professionnelles ou des expériences de vie. 

Prendre le temps nous offre bien des richesses.

Un nouveau départ

« Tout le malheur des hommes découle d’un fait simple : ils ne peuvent pas s’asseoir tranquillement dans leur chambre »

Au XVIIe siècle, Blaise Pascal, mathématicien et philosophe français, attribuait déjà tous les maux de la société dans l’incapacité des hommes à ralentir leur rythme.

Il en est de même aujourd’hui.

Nous disposons de plus en plus d’outils pour gagner du temps, mais nous vivons avec la frustration d’en manquer constamment.

Nous travaillons moins d’heures qu’avant, mais d’après plusieurs études sociologiques, nous avons l’impression d’y consacrer tout notre temps.

Les avancées technologiques nous permettent de communiquer avec des personnes éloignées alors que nous perdons tout contact avec nous même.

Voilà de sacrés paradoxes !

Il ne suffit pourtant de pas grand-chose pour rééquilibrer la balance…

Nul besoin de voyager à l’autre bout du monde ou de posséder une maison de campagne pour se ressourcer. Ni d’investir dans des cours de yoga ou de faire une retraite spirituelle.

Accordez-vous une journée de congé rien que pour vous, flânez dans les rues ou dans un parc. 

Offrez-vous ce qui a le plus de valeur, une pause.  

Tout comme le mythique Train Bleu qui ne dépasse jamais les 60 km/h, laissant ainsi le temps aux passagers de contempler le merveilleux paysage sud-africain, ralentissez pour apprécier à votre tour ce voyage que l’on appelle la vie. 

Et acceptez que le changement puisse prendre du temps !


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Martin tissier,
le
3
February
2022
Tellement vrai. Tellement actuel. Merci
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