“Celui qui ne connaît pas ses racines n’a pas d’avenir.”

Émile Decker, mon grand-père, tourne les pages d’un gros classeur rouge devant moi.

Il en possède plusieurs dizaines comme celui-ci. Peut-être une centaine.

Ils sont remplis de textes qu’il a écrits, de photos qu’il a récupérées et de coupures de presses qu’il a conservées. Ils contiennent l’histoire des familles qui peuplent les villages de la Hardt, petit territoire situé dans mon Haut-Rhin natal.

Le bureau de mon grand-père est un spectacle à lui-seul. Les livres sur l’histoire locale s’entassent dans ses armoires. Un arbre généalogique de la famille Decker est accroché sur le mur (réplique miniature de celui qui trône dans le salon), derrière l’ordinateur qu’il tente de manier comme il peut.

À 93 ans, Émile Decker sait d’où il vient. Et il en est fier.

Depuis le début de sa retraite, dans les années 80, il est obsédé par une question : retrouver ses racines. Et celles des personnes qu’il connaît.

À chaque fois que je lui rends visite, il me raconte une nouvelle anecdote sur l’histoire de la famille. Il aime me parler de sa vie. M’expliquer à quel point les conditions étaient difficiles à son époque.

Surtout, il aime me rappeler que “si on veut quoi que ce soit dans la vie, il faut travailler dur pour l’obtenir”. Que “le plus important est d’avoir une bonne paye à la fin du mois”.

Je l’écoute en souriant. Parfois distrait.

“Je sais, je sais.. !”

Émile Decker est un personnage fascinant. Il aime parler et raconter les histoires qu’il découvre, mais tâche toujours de rester modeste. Il aime se mettre en avant, sans pour autant attirer les lumières sur sa personne.

Mon grand-père est le fruit d’une double culture : la culture allemande dans laquelle il est né à la fin des années 1920, et la culture française dans laquelle il a passé le reste de sa vie, après la guerre.

Mais son identité n’est attachée à aucun de ces deux pays.

Son identité est alsacienne.

Sa mentalité est typique des gens d’ici. L’alsacien travaille sans faire de vague. Il ne compte que sur lui-même et n’aime pas se faire remarquer. Il est discret et réservé. Il est attaché aux valeurs et aux traditions.

Ce sont des qualités. Mais qui peuvent parfois se transformer en défauts : ne pas oser prendre des risques. Ne pas aller au bout de ses ambitions. Ne pas forcer le passage quand il semble obstrué.

Depuis qu’il est à la retraite, mon grand-père est une star locale. Il a écrit des milliers de textes pour la postérité et des dizaines d’articles dans la presse alsacienne. On vient le voir de partout (plusieurs Américains ont déjà fait le voyage pour lui rendre visite) pour discuter avec lui et découvrir ses trésors.

Je me suis souvent demandé comment lui témoigner la chance que j’ai de le côtoyer.

Chez les Decker, on est pudiques et on ne se montre pas vraiment nos émotions. Cet article est ma manière de lui exprimer mon admiration. Et, au passage, de raconter l’histoire d’un homme qui a réussi à se réinventer et à construire sa seconde vie, grâce à l’écriture.

Pour cet article, je me suis assis avec lui dans son salon et je l’ai écouté parler pendant plusieurs heures. Au point d’en avoir parfois les larmes aux yeux.

Mais avant de commencer, il me donne un dernier avertissement : “Écoute Valentin, je ne veux pas lire cet article. Tu attends que je sois mort pour le publier”. Pour une fois, je suis fier de lui désobéir.

Le village est en alerte

Nous sommes le 1er Septembre 1939.

Le petit village de Blodelsheim, dans le Haut-Rhin, est en alerte.

À 13h39, un télégramme est adressé à tous les préfets des zones aux alentours : il faut évacuer le village sans plus tarder. La guerre est déclarée.

Mon grand-père me tend le document d’époque, qu’il a conservé soigneusement.

On donne les instructions pour le départ et on indique à la population les centres d’accueil dans lesquels ils doivent se rendre.

C’est encore les vacances scolaires ; Émile a 12 ans.

Ce jour-là, il accompagne son père pour chercher du foin dans les champs. Sur la route, ils croisent un garde communale qui les avertit, tambour à la main, de l’évacuation qui se prépare.

Il faut tout quitter pour 22 heures ce soir, au plus tard.

Au sein des familles du village, c’est l’affolement et la tristesse. Il faut prendre uniquement le nécessaire vital. Laisser sur place tout ce qui ne l’est pas.

Le point de ralliement est donné dans un autre village, situé à une trentaine de kilomètres, pour ensuite partir dans le Gers, à l’autre extrémité de la France.  

Mon grand-père et ses parents ne s’y rendent pas. Ils quittent Blodelsheim aux alentours de 20h, en direction d’un autre village. Son père possède un ami qui peut les accueillir.

Ils partent sur une charrette, avec ses frères et soeurs, deux chevaux et leur chien. Ils arrivent sur place le lendemain, à 7 heures du matin.

Dans le même temps, Hitler envahit la Pologne.

En France, les mois passent, mais toujours rien.

C’est seulement en juin 1940 que les Allemands arrivent en France. Le 18, pour être précis.

Ce jour-là, il fait beau et sec. L’armée française offre peu de résistance ; Hitler est déjà à Paris. La France a perdu la guerre.

Les soldats allemands entrent dans le village où est réfugié mon grand-père. Les obus tombent à quelques mètres de leur maison.

Vers 21 heures, une compagnie de soldats allemands passe dans leur jardin. Les Allemands les arrêtent. Ils questionnent le père d’Émile. Lui demandent s’il cache des soldats français dans la maison.

Plus de peur que de mal.

Dans les jours qui suit, la vie reprend son cours.

Constatant que les villages des alentours n’ont pas été détruits par les Allemands, mon grand-père et ses parents décident de rentrer chez eux, à Blodelsheim. Sur la route, ils voient défiler des colonnes de prisonniers français. Ils sont 30 000, peut-être 40 000 à se diriger Outre-Rhin.

De retour au village, c’est la pagaille. Nous sommes désormais en territoire allemand. Mais tout le monde est soulagé de l’arrêt des combats.

L’école reprend à la rentrée suivante. Les instituteurs français ne sont plus là. Ils sont remplacés par des allemands.

La vie est à peu près normale. Les Nazis réorganisent le village pour le faire contribuer à leur effort de guerre.

Les habitants suivent les évolutions de la guerre au moyen des rumeurs qui parviennent jusqu’à eux. On parle vaguement de camps de concentration, mais sans saisir l’ampleur de la chose.

Le dimanche matin, la population doit s’exercer à tirer à la carabine.

En Août 1942, les jeunes alsaciens qui ont entre 18 à 25 ans, sont mobilisés pour partir en Russie avec l’armée d’Hitler. On les appelle les “malgré-nous” : ils sont condamnés à combattre pour l’ennemi, contre leur propre patrie, malgré eux.

Heureusement, Émile est encore trop jeune. On ne lui demande pas de porter un uniforme.

Un beau jour, alors qu’il se trouve dans les champs en train de planter du tabac avec sa famille, quelqu’un vient les voir et leur explique que les Américains ont débarqué en Normandie.

Ils ne disposent d’aucune information supplémentaire. Plus personne ne possède de poste radio au village.

Quelque temps après, les journaux allemands commencent à relayer la percée des Alliées dans l'Ouest de la France.

Pour les habitants de Blodelsheim, c’est un soulagement. Ils prient pour que l’opération réussisse.

En Mars 1944, mon grand-père est convoqué pour effectuer 3 semaines d’exercices militaires avec la jeunesse Hitlérienne, à une dizaine de kilomètres du village.

C’est à ce moment qu’il voit les Américains pour la première fois. Pendant près de deux heures, des centaines d’avions de guerre défilent au dessus de sa tête. Les alarmes sonnent dans la caserne allemande, anciennement française.

Encore aujourd’hui, j’en ai des frissons quand je repasse en voiture devant le lieu où je me trouvais à ce moment”, me dit-il.

À partir de ce moment, c’est un ballet incessant d’avions. Les Américains passent en journée. Les Anglais pendant la nuit.

Mulhouse, la principale ville aux alentours, est bombardée pour la première fois par les Américains le 11 Mai 1944. Quelques mois plus tard, le 20 Novembre 1944, l’armée alliée délivre la ville.

Deux jours plus tard, le 22 Novembre 1944, mon grand-père est appelé à combattre sous les drapeaux allemands. Il a 17 ans.

Les Alliés étant arrivés à leur porte, il prend la décision de ne pas y aller. Des centaines d’avions continuent de passer au-dessus de leur tête chaque jour.

Les habitants de Blodelsheim aménagent leurs caves pour se mettre à l’abri des bombardements. Les soldats allemands en retraite se cachent dans les maisons.

Le 8 Février 1945, le village de Blodelsheim est libéré. Les Français sont là mais la guerre n’est pas finie. L’artillerie allemande continue à tirer, depuis l’autre côté du Rhin. Blodelsheim ne se trouve qu'à 1 petit kilomètre du fleuve.

La vraie guerre se termine pour eux à la mi-avril. Les Américains sont arrivés en Allemagne, et les Français ont nettoyé les bords du Rhin.

Le 8 Mai, l’Armistice est signé. Pendant une semaine, le village fait la fête. Émile a 18 ans.  

Pour moi, la guerre est une période noire. Je n’aime pas trop en parler. Tout le monde a été touché et en a souffert.

Après la guerre, une autre vie commence. Il faut tout reconstruire.

La maison familiale a subi quelques dégâts. Il faut reprendre les cultures et se remettre au travail. 1946 est une année très sèche ; les récoltes sont mauvaises.

En 1947, mon grand-père est appelé au service militaire avec l’armée française. Direction Fès, au Maroc, avec un périple de 13 jours pour y arriver.

À ce moment, mon grand-père parle très mal le français. Ses parents sont nés allemands (l’Alsace a appartenu à l’Allemagne de 1871 à 1918) et une bonne partie de son éducation s’est faite dans les écoles Nazis.

Quand il rentre de son service militaire, en 1948, il se met en tête de trouver un travail. Cela tombe bien, la construction du grand canal d’Alsace vient justement de commencer. Il s’y présente et décroche un job dans la journée.

Mon seul objectif était de travailler pour survivre et construire ma vie.

À partir de 1957, il travaille pour Rhône-Poulenc, une usine chimique qui s’est installée dans la région. Il y passe 25 ans, jusqu’à sa retraite, en octobre 1982.

Émile Decker a alors 55 ans. Anne, sa femme (ma grand-mère), tient une petite épicerie dans leur maison. Il lui donne un coup de main et prépare sa nouvelle vie.

Une nouvelle vie commence

À l’école, j’aimais l’histoire et la géographie. La France possédait beaucoup de colonies et les histoires que l’on racontait étaient passionnantes.”

Émile a du temps et doit s’occuper. Il profite de sa retraite pour se replonger dans l’histoire. Mais pas n’importe laquelle : l’histoire locale.

Il y a quelques décennies, la vie des villages était beaucoup plus riche qu’elle ne l’est aujourd’hui.

“L’église était au centre de tout. Il y avait une messe tous les jours de la semaine, et le dimanche on y faisait 3 ou 4 services. Avant 1939, les personnes importantes du village étaient le maître d’école et le curé. C’était les seuls à parler parfaitement le français. Même le maire ne le parlait pas très bien.”

Quand je lui demande pourquoi il s’est intéressé à l’histoire locale, il m’explique qu’il ne sait pas vraiment pourquoi.

On parlait toujours des grandes personnalités du pays, mais jamais vraiment du peuple. Nous faisons partie des gens d’en bas, alors pourquoi ne pas parler d’eux ?

Je voulais également faire découvrir Blodelsheim aux gens. C’est un village paumé sur la carte de France, mais je voulais montrer qu’il renferme également des histoires intéressantes, dignes d’intérêt.

Émile commence ainsi par s’intéresser aux familles du village.
Son point de départ ? Sa famille, les Decker et celle de sa femme, les Sitterlé.

Quand il démarre, il ne possède aucune connaissance en généalogie et ne sait pas du tout comment procéder. Mais il laisse sa curiosité le guider.

Il part à la rencontre d’historiens locaux et de passionnés de généalogie. Il se rend à Colmar, aux archives départementales, pour creuser les états civils. Il m’explique que si on met tout bout à bout, près de 30 kilomètres d’archives y sont stockées.

Les états civils ont été créés en 1792 et n’ont pas bougé depuis ! Ils permettent de retracer tous les actes de naissances, les mariages, les héritages, les décès, etc.

Avant cette date, ces informations était consignées dans les registres paroissiaux des églises.

Émile fouille également dans les archives de la Mairie de Blodelsheim.  

Il retrouve la trace de ses grands-parents. Puis de celle de ses arrières grands-parents.

Il interrompt son récit pour pointer du doigt l’arbre généalogique qui se trouve derrière moi.

La famille Decker, depuis 1662.

L’homme tout en bas, à la base du tronc, s’appelle Phillippus Decker.

Les registres paroissiaux de l’église de Blodelsheim (en latin) commencent en 1661. On y trouve des traces de ce Philippus - et les premières de la famille Decker - en 1662. Impossible de remonter plus loin dans le temps.

Si tu t’intéresses vraiment à la généalogie et que tu y passes le temps, tu apprends comment faire pour remonter les liens.

J’ai créé cet arbre pour laisser une trace. Je l’ai fait pour ceux qui viennent après moi. Pour qu’ils se rendent compte de ce qui existait et de tous ceux qui étaient ici avant eux.

Si un jour les Decker disparaissent, des gens retomberont dessus dans 2 ou 3 siècles. D’ici 50 / 60 ans, tu pourras montrer à tes petits enfants d’où tu viens.”

Cet arbre généalogique, Émile Decker l’a conçu de zéro. Il a fait appel à un artisan pour le mettre en forme - mais c’est bien lui qui est à l’origine de ce qu’il contient.

Avec le temps, la famille Decker s’est éparpillée et certaines branches sont parties à l'étranger. Mais elle a toujours conservé un noyau fort à Blodelsheim.

“Je ne suis pas un littéraire”

Mon grand-père me rappelle qu’il n’a jamais fait de hautes études et qu’il a toujours travaillé avec ses mains. Ce n’est pas un “littéraire”.

C’est lorsqu’il commence ses recherches qu’il se met réellement à écrire pour la première fois. Avant cela, il n’en avait quasiment jamais eu l’occasion.

Une nouvelle fois, il apprend sur le tas. Il se débrouille comme il peut et fait au mieux.

Retraité autodidacte, il montre qu’il n’y a pas d’âge pour se former et acquérir de nouvelles compétences.

Pour apprendre encore plus rapidement, il s’entoure de personnes plus expérimentées. Il contacte des gens à travers toute l’Alsace, l’Allemagne et la Suisse. Il rejoint des cercles de généalogie ainsi que plusieurs associations centrées autour de l’histoire locale.

Chaque rencontre est une opportunité d’apprentissages. Une occasion de découvrir une nouvelle histoire sur une famille ou un village.

Petit à petit, ses textes commencent à être lus. À force de recherches, il se construit une renommée au niveau local. Il devient l’historien référent du village, capable de dire à n’importe qui, qui étaient ses ancêtres, d’où ils venaient et ce qu’ils faisaient.

Sa réputation (que l’on pourrait aujourd’hui qualifier de “marque personnelle”) grandit.

En 1996, le Crédit Mutuel souhaite rédiger un livre  sur l’histoire de Blodelsheim.

Ils sollicitent alors l’aide de mon grand-père pour la rédaction du contenu. Personne ne connaît mieux le village que lui ; cela fait 15 ans qu’il travaille sur ce sujet.

Il y raconte de nombreuses histoires et y décrit le quotidien des habitants du XIXe siècle.

Le résultat ? Un livre de 256 pages intitulé “Entre Rhin et forêt” qui fait la fierté des habitants de la commune.

En 1983, il participe à la création du journal de la commune de Blodelsheim, “Mi Dorf”. Il a envie de s’investir pour le village et de parler de ses habitants. Il souhaite mettre Blodelsheim sur la carte.

À cette époque, la commune ne souhaite pas engager de dépenses pour le financer. Mais cela ne les retient pas, les quelques personnes qui en sont à l’origine le financent eux-mêmes.

Il me montre la toute première édition.

Sur la première page, on peut y lire : “À travers ce bulletin communal, nous voudrions faire connaître davantage notre village, depuis son origine connue jusqu’à nos jours, et faire bénéficier nos quelques connaissances à toutes celles et ceux qui se passionnent pour l’histoire, l’économie et le patrimoine de notre commune, afin d’avoir plus d’affection et d’attachement pour notre localité.

En 2020, près de 40 ans après sa création, Émile Decker reste l’un des rédacteurs bénévoles les plus réguliers du journal (imprimé à plus de 1 000 exemplaires), dénichant sans cesse de nouvelles histoires à raconter.

Émile Decker est devenu un personnage incontournable du village.

Quelques classeurs, livres et documents sur l'histoire locale.

Un pèlerinage mondialement connu

Un jour, un habitant du village lui remet une lettre. Elle a été envoyée depuis Paris, par un certain Sam Sitterlé.

Ce Sam est un Américain qui vit à San Antonio, au Texas. Dans sa quête pour remonter à ses origines, il a entendu que son grand-père était d’origine française. Il s’est alors mis à sa recherche.

Il a fouillé un peu partout en France, à l’aide des annuaires téléphoniques. Jusqu’à finalement trouver une population importante de Sitterlé, à Blodelsheim.

Mon grand-père comprend alors que de nombreuses familles possèdent des branches outre-Atlantique.

Il reçoit de nombreuses lettres de personnes cherchant à découvrir la terre de leurs ancêtres.

Un autre jour, une lettre du Kansas lui parvient. Une dame explique que ses ascendants viennent du petit village de Blodelsheim. Sa soeur fait le voyage et découvre qu’une horticulture possède le même nom de famille que le sien : Decker.

La famille Decker s’est exportée de l’autre côté de l’océan et il parvient à retracer leurs origines grâce à son arbre généalogique. Pour mon grand-père, c’est une découverte incroyable.

Il noue des liens avec tous ces gens qui lui écrivent. Chaque année, il reçoit et envoie plusieurs dizaines de cartes de voeux en Amérique.

Certains font le déplacement pour venir le voir. Il est également lui-même allé jusqu’au Texas pour rencontrer ces gens.

Jamais Émile Decker n’aurait imaginé que ce qu’il pensait être un simple passe-temps allait se transformer en obsession et le mener vers autant d’aventures. Jamais il n’aurait pensé que l’histoire locale allait le passionner au point d’y dédier 40 ans de sa vie.

Mon grand-père est devenu une référence dans son domaine. Il a généré d’innombrables opportunités (il m’est impossible de toutes les citer ici tant il y en a) et a tissé des liens avec des gens à l’autre bout de la planète, grâce à la puissance des mots et des histoires.

Il ne parle pas anglais, mais sa passion est communicative.

À 93 ans, sa soif de curiosité reste inassouvie.

Nous sommes en janvier 2020. Il me donne rendez-vous au restaurant du village à midi, pour que l’on déjeune ensemble. Tout le monde le connaît et il y possède sa petite table dédiée.

Il me montre l’église du village que l’on voit à travers la fenêtre. Il m’explique qu’elle a été reconstruite plusieurs fois et que le clocher s’est effondré à la fin du XIXème siècle. Mais une chose le tracasse encore : il ne sait pas de quelle année date la grande porte en bois.

Quelle belle inspiration.


Note : J'ai pris le temps d'enregistrer une vidéo pour décortiquer la construction et l'écriture de cet article. La voici :