"The Scariest moment is always just before you start" Stephen King

Je vais vous faire une confession. Il y a quelques semaines, j’étais posé dans une terrasse parisienne. Je buvais un Perrier avec Valentin. Il faisait beau. Les cailloux étaient en fleurs. Il me demande d’écrire quelques mots sur moi, sur mon parcours pour un prochain article Sauce Writing. J’étais ravi et enthousiasmé. Au taquet.

Cet article, c'est le texte que vous êtes en train de lire. Et taquet ou pas taquet, la réalité est que ce texte, je l'ai rendu en retard. Très en retard. Pourtant, je l'ai rédigé dans les temps cet article. Il était là. Il attendait.

De façon inconsciente, je me suis trouvé un tas d’excuses. Bonnes et moins bonnes.

Bon ! J’en avais quand même une bonne d’excuses puisque mon macbook m’a lâché après presque 8 ans de bon et loyaux services.

Mais ça n'explique pas tout. Ca n'explique rien.

Je suis habitué à écrire. J’aime écrire. J’ai une routine d’écriture parfaitement installée et rodée.

Oui mais voilà, le sujet n'est pas d'écrire mais de publier ses écrits.

Oui mais voilà, on ne procrastine jamais sans une raison profonde.

Dans mon cas, j’ai réussi à mettre la main dessus. Dans mon cas, c’était la peur.

Ce n’est jamais facile de se présenter. Se présenter, c’est s’exposer. On a peur de se mettre à découvert alors qu’on a l’habitude de vivre à couvert.

On a peur d'être jugé. On a peur de s’entendre dire que ce que l’on a fait est naze.

Et pourtant, je ne suis pas un lapin de six semaines. Je ne suis pas un lapin du tout, vous l’aurez compris.

J’ai une âme d’entrepreneur. J’ai toujours créé, lancé des services et des produits. Parfois (souvent) sans trop savoir où tout ça allait me mener. Sans savoir si ça allait fonctionner ou pas. Je n'ai pas peur d'échouer. J'ai peur de ne pas essayer. Je suis comme ça.

Je suis tombé dans la marmite de l'entrepreneuriat très tôt. Dès le lycée. En Terminale. Et oui, c’est durant cette fatidique année de Terminale que j’ai lancé ma première boite. Terminale. Rien que le nom fait peur. On dirait la dernière phase d'une maladie incurable. L'année qui vous termine.

Au lieu de me terminer, ce fut l'année du commencement.

Et avec le recul, je pense que c’est mon professeur de sciences économiques et sociales de l’époque qui m’a influencé: Monsieur Pecchio. Le genre de prof qui vous inspire.

Petite anecdote: je me souviens être tombé sur Monsieur Pecchio alors que je flânais dans le grand bazar d’Istanbul. Il était à la retraite. Il faisait ce qu’il avait toujours fait et nous avait toujours conseillé de faire: voyager, faire des rencontres. On a discuté, mangé un kebab (of course), refait le monde. Puis on s’est dit au revoir. Comme si on allait se revoir le lendemain.

Je ne l’ai plus jamais revu. Un grand homme que ce monsieur.

Mais revenons à nos moutons. Je suis un entrepreneur. J’aime tester de nouveaux concepts, de nouvelles choses.

J’adore expérimenter. Un peu comme cette fois où je me suis retrouvé à arpenter l’Amérique du Sud, l’Afrique de l’Ouest et le Yémen dans le but de proposer des cafés d’exception. Je voulais faire découvrir les crus d’exceptions mais version café.

Je pense que cet entreprise était un alibi. Un moyen simple de réunir plusieurs de mes passions: le café, le voyage et le business.

Café à la yéménite et Dattes fraîches

J’adore me lancer des défis. Voir où les chemins et les rencontres me mènent.

Il n'est pas anormal d’avoir peur. Avoir peur fait même parti des règles du “jeu”. Sans peur, il n’y a pas de courage. Le courage justement, c’est de continuer à avancer malgré la peur.

Je ne suis pas qu’un entrepreneur.

J’ai une âme d’entrepreneur mais je ne suis pas qu’un entrepreneur.

J’ai été salarié. Durant de longues années, j’ai alterné salariat, freelancing et entrepreneuriat. Je ne suis pas de ceux qui opposent salariat et entrepreneuriat. En fonction des personnes, des aspirations, des contextes, on se retrouve dans l’un ou l’autre de ses modèles. On n'y cherche pas les mêmes choses. Normal qu’on n’y trouve pas les mêmes choses.

J’ai été Développeur, Ingénieur Cloud, Product Manager. Et j’en passe.

J’ai toujours aimé ce que je faisais. J’ai beaucoup appris. Je me suis formé. J’ai lié des amitiés fortes.

Mais ! Car il y a toujours un “mais”. Le salariat n’est pas ma tasse de thé. Ce n’est pas fait pour moi. Je suis un adepte de la loi des deux pieds.  

“If you aren’t contributing or learning or having fun where you are now, use your two feet. Go someplace else. Law of 2 feet

Pour faire simple, si je me trouve dans un endroit où je n'apprend pas ou ne partage pas, je prends mes deux pieds pour aller voir ailleurs si j'y suis.

Et ça, ça peut être pris pour de l’instabilité dans le monde du salariat.

Comme je l’ai déjà dit, j’ai besoin de me lancer des défis. De tester de nouvelles choses. Je pense aussi que les entreprises ont tendance à prendre le dessus sur les individus. On se retrouve dans un système dans lequel on fait des choses stupides sans s’en rendre compte. De façon mécanique. J’ai d’ailleurs écrit un petit article sur ce sujet ( The Stupidity Paradox )

Mais tu fais quoi alors ?

“ I must create a system or be enslaved by another man’s; I will not reason and compare: my business is to create.” William Blake

Je n’ai pas un intitulé de job à part entière. J’en ai plusieurs. Mieux. Grâce à l’entrepreneuriat, je me suis finalement créé mon propre job.

Une activité "sur-mesure" dans laquelle je suis coach (Agile/Produit), formateur et recruteur.

Je suis devenu coach agile et coach produit naturellement. Au delà du Product Management, j’ai toujours été fasciné par le mode de (dys)fonctionnement des organisations. Fasciné par les interactions, les pressions et les frictions à l’intérieur comme à l’extérieur d’un groupe de personnes.

J’ai étudié les “théories organisationnelles” de Berne. J’ai eu l’opportunité de côtoyer et de travailler avec des coachs exceptionnels. Une très belle rencontre.

Je suis formateur. Encore une fois, pas besoin de me forcer. J’aime transmettre ce que je sais. Et même si j’en sais qu'un tout petit peu, j'aime le partager.

Pour moi, transmettre fait partie intégrante du processus d’apprentissage.

On ne maîtrise réellement une discipline que lorsque l’on est capable de l’enseigner. En revanche, ce n’est pas parce qu’on l’enseigne, qu’on la maîtrise.

J’ai été formateur dans l’IT. J’ai été formateur en Product Management et en Agilité. J’ai formé sur l'art du pitch. J’ai formé sur les stratégies business. Je suis un adepte des formations pratico-pratique. Du “learning by doing” comme disent nos amis anglophones. Un type de formation avec très peu de théorie et beaucoup de pratique.

On apprend à conduire en conduisant et non en lisant le manuel de la voiture.

J’aime offrir des expériences immersives. Et contrairement à ce que l’on peut croire, une formation avec beaucoup de pratique et très peu de théorie, ça demande une sacrée préparation.

La préparation d’une formation avec mon amie Hélène

Je suis recruteur. A force de travailler avec les entreprises, les organisations, les associations et les incubateurs, je me suis intéressé aux cultures d’entreprises. Une culture d'entreprise ne se dicte pas. Ne s’impose pas. Elle se cultive.

Ce n’est pas en affichant une citation de Steeve Jobs sur un mur qu’on obtient la "culture Steeve Jobs". Une culture d’entreprise, c’est avant tout de l’humain. L’humain, force indispensable et trop souvent sous-estimée, négligée. Je me suis alors tourné vers l’agilité dans les fonctions RH. Merci Yannick. Merci le Saucisse Klan composé des "géniallissimes" Pauline et Elsa .

Puis, au détour d’une conversation, j’ai rencontré une équipe de recruteurs complètement fous. Des passionnés qui veulent remettre l'humain au centre de la relation recruteur/recruté. Un groupe fort avec des valeurs auxquels j’adhérais complètement.  Ils m’ont fait une proposition que je ne pouvais pas refuser.

En vrai, j’aurai pu la refuser mais je ne l’ai pas fait. Je suis alors devenu Recruteur. (merci Olivier et toute la team).

C'est fou le nombre de projets et d'aventures qui commencent par une simple discussion.

Et l’écriture ?

OK. Super mec. Mais l’écriture dans tout ça ?

À y regarder de plus près, l’écriture est partout. Partout dans mon parcours. C’est même la seule constante. Le seul point commun.

L'écriture n'a pas changé ma vie. Elle l’a façonné et continue de la façonner.

Pour autant, je ne me revendique pas écrivain. Selon l’ Encyclopédie Universalis , l’écrivain est “ celui qui rédige et compose des ouvrages à caractère littéraire “

Je ne rédige pas d’ouvrages littéraires. Je ne suis pas écrivain.

Je ne suis pas écrivain mais j'écris depuis l'âge de 16 ans.

Soit depuis plus de 20 ans.

J’aime écrire. Et j’aime tout autant lire.

Ce ne fut pas toujours le cas. Loin de là.

Malgré le fait que je sois fils de libraire, je n’aimais pas lire. Ecrire, encore moins. Jusqu’au lycée (et la classe de seconde), je n’aimais ni lire ni écrire. J’étais un matheux, un “scientifique”. Lire était une punition.

D’ailleurs, le déclic est venu suite à une punition. Ma professeure de l’époque m’avait demandé de présenter “Au bonheur des Dames” de Zola. Une fiche de lecture écrite qu’on devait aussi présenter à l’oral. C’était ma punition pour avoir essayé de trouver une énième excuse bidon pour ne pas rendre un devoir.

Lorsque j’ai vu le pavé, je vous avoue avoir eu envie de pleurer. Ou de m’évanouir, je ne sais plus.

En réalité, ce fut une véritable révélation. J'ai adoré ce livre. J’ai dévoré ce livre. J'ai adoré dévorer ce livre. Les descriptions y sont magistrales. Les personnages captivants. Je re-découvrais Paris et les grands magasins à travers les yeux de Denise Baudu. Un voyage dans le temps et l’espace. Merci Emile

Depuis, je lis tous les jours. Parfois une simple page. Parfois un livre complet. Je ne me force jamais. J'y prends toujours un immense plaisir.

Avec la lecture est venu son corollaire. Son compagnon. L’écriture. J'ai tout de suite compris la puissance de l'écriture. La puissance et l'impact des mots.

Une déclaration d'amour. Une déclaration de guerre. Les mots sont puissants.Ils peuvent générer des sentiments aussi forts que l'Amour et la Haine.

Ils peuvent vous faire voyager. A mille lieux de chez vous. Ou au plus profond de vous même.

"Lire est comme inspirer. Ecrire est comme expirer." Pam Allyn

Un souffle. Une respiration. J'avais trouvé le parfait équilibre.

Pour vous donner une petite idée de l’impact que tout ceci a eut sur moi: sachez je me suis réorienté vers un cursus littéraire. Moi, le (supposé) scientifique.

Bon, je vais l’avouer. Quelques années plus tard, l’informatique m’a rattrapé. Mais je ne regrette rien.

Je ne suis pas écrivain mais ma vie tourne autour de l’écriture.

En tant que formateur, j’ai donné des centaines de formations. Si mes supports de formation sont illisibles, que mes objectifs pédagogiques ne sont pas clairs, ma formation a du plomb dans l’aile. Savoir rédiger est un atout qui permet de satisfaire mes élèves.

Sans compter qu’avant même la formation, il faut savoir la présenter afin que les gens s’y inscrivent. Savoir écrire un texte simple et persuasif devient alors vital.

En tant que coach, j’ai accompagné des dizaines d'équipes Produit et des incubateurs de startup. Si tu veux que ta startup vive (ou survive au moins quelques mois), tu dois formuler clairement ta vision, ta mission et les bénéfices qu'apporte ta startup. Avant même de savoir parler, si tu ne sais pas rédiger des pitchs percutants afin de convaincre les investisseurs et les clients, c’est mal engagé. Encore une fois, l’écriture est fondamentale.

En tant qu’entrepreneur. Avoir un produit ou un service, c’est bien. Mais ce n’est pas le plus important. Lorsque tu es entrepreneur, tu dois vendre ton produit ou ton service sinon c’est la faillite. L’écriture m’a aidé à communiquer sur mes services et produits. L’écriture m’a permis de vendre sans racoler. Je suis devenu un excellent vendeur grâce à l’écriture. J’ai développé une proximité avec mes fournisseurs et mes clients grâce à l’écriture.

Mais il y a quelque chose que je ne faisais pas. Je ne publiais jamais mes écrits.

Pourtant j’aime partager et j’aime écrire. C’est ce que j'apprécie le plus.

Mais je ne partageais pas mes écrits.

Pour me soigner, j'ai décidé de suivre un des premiers bootcamp Sauce Writing de Valentin

J’apprécie le travail de Valentin, ce qu’il a fait chez LiveMentor. J’apprécie sa plume et son style. D'ailleurs, j'ai découvert Valentin en suivant Alexandre Dana l'un des fondateurs de Livementor.

C’est donc là que j’ai rencontré Valentin. Une rencontre qui marque.

Et là, une seconde révélation. Certes, je découvre des méthodes. Des process. Des astuces. Mais je découvre surtout une formidable communauté d’auteurs. Des auteurs passionnés et passionnants. Je redécouvre l'exigence et l’excellence des métiers de l’écriture. Je découvre des valeurs auxquelles j’adhère. Je découvre un potentiel inouï.

Bref, c’est le coup de foudre ! Je suis aux anges. L'impression d'avoir trouver un autre chez moi.

Quelques mois plus tard, je reçois une newsletter de Valentin. Valentin nous parle aussi sur le slack privé des “Sauce Writers”. Le projet Sauce Writing risque de s’arrêter.

C’est alors un sentiment paradoxale qui m'envahit. Je ne pense pas être le seul à le ressentir.

D’un côté, une joie sincère pour Valentin qui se lance un nouveau défi. Et ça, je le comprends bien.

D’un autre, une certaine tristesse de se dire que cette communauté d’auteurs va s’arrêter. Que cet endroit où je me sentais si bien allait disparaître. Péricliter.

“If your heart is broken, make art with the pieces." Shane Koyczan

Cette situation amène son lot de conversations.

Tout d'abord, je félicite Valentin pour son nouveau projet. De fil en aiguille, on discute de tout et de rien.

On est si différent et on a tant en commun. On se retrouve autour d’un tas de valeurs. On s’aperçoit aussi qu’on est complémentaire. Lui, l'écrivain, l'auteur. Moi, le coach, le facilitateur, le formateur.

Deux amoureux des mots. Des idées surgissent. Les idées se transforment en projet. Une histoire d’énergie et de synergie.

Et si finalement, Sauce Writing ne s'arrêtait pas ?

J'ai décidé de m'associer à Valentin pour faire perdurer ce magnifique projet qu'est Sauce Writing. C'était devenu une évidence pour moi.

J'allais mettre à profit mes compétences de formateur, facilitateur et coach.

Sauce Writing continuera d'exister.


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